Ce samedi, Pierre Delannoy a reçu, à Amiens, le Prix 2016 de littérature en picard pour « Stalag VIII A », le récit de la vie de son père dans le camp de prisonniers polonais. Rencontre.

Voix du Nord 27 avril 2016

Dans Stalag VIII A, Pierre Delannoy raconte « ce que [son] père a bien voulu [lui] dire et aussi ce que j’ai bien voulu écouter ». Samedi 30 avril, il recevra le premier prix de littérature en picard pour ce récit.

Fervent défenseur du picard, Pierre Delannoy a toujours été intéressé par l’écriture. Le goût des belles lettres, il l’attrape au cours complémentaire – l’équivalent du collège, aujourd’hui – lorsqu’il découvre Le Petit Prince et les grands classiques grâce à deux professeurs. Son premier poème, il l’écrit vers 14 ans. Des dizaines de nouvelles et d’autres poèmes suivront.

Une vraie « Tiête ed bos »

Ce fils d’ouvriers, «  sur un carreau de fosse dans le Boulonnais », poursuit ses études à Lille. En parallèle de sa carrière de professeur d’histoire, dont vingt-cinq ans au lycée d’Auchel, « en face du coron où il a vécu avec [s]on grand-père », il écrit quelques textes, tout en trouvant le temps de chanter dans une chorale et de jouer de la flûte à bec.

Arrive le temps de la retraite et Pierre Delannoy n’entend pas rester sans rien faire. Il en profite pour s’investir complètement dans l’écriture. En 2010 il publie, Tiête ed bos, recueil de nouvelles bilingues illustré par un photographe belge, auquel Delannoy s’est identifié, à travers la photo d’un gamin courant dans la rue. Une t iête ed bos, c’est comme ça que Pierre Delannoy se décrit. Un brin hyperactif sur les bords et déterminé, il produit aussi, avec l’harmonie qu’il dirige, deux CD, dont un sur les chants de Noël, où il interprète une version picarde de Douce Nuit, traduit en cent cinquante langues, mais pas en picard. L’an dernier, il publie Deux âmes bleues, un recueil en français d’une trentaine de poèmes illustré par Judith Debruyn, une amie maître vitrailliste.

Mais, pourquoi écrire en picard ? Pour le défendre. « Ce n’est pas du français déformé, c’est une langue ! », soutient mordicus Pierre Delannoy, qui regrette ce mépris du patois, trop souvent moqué selon lui. « C’est une langue où l’on peut bien écrire », assure-t-il.

À 70 ans, Pierre Delannoy se garde encore quelques projets sous le coude. Pour que la langue picarde ne se perde pas.

Remise des prix...